mercredi 31 août 2016

La Vuelta a España 2016 - le Tour d'Espagne en blasons - la 2e semaine


Nous voici de retour sur les routes d'Espagne (voir le précédent chapitre et la carte générale → ICI), pour vivre une deuxième semaine de dépaysement total dans des paysages grandioses des montagnes du nord du pays et de la côte atlantique qui savent séduire ceux qui cherchent une autre Espagne que celle des cartes postales de vacances . Et au passage nous revisiterons ou nous découvrirons quelques villes ou villages de grand intérêt historique ou touristique. Mais pour ce qui est des dénivelés, ce ne sera pas une promenade de tout repos pour les coureurs.

 Toutefois notre petit sujet sur l'héraldique espagnole, non moins dépaysant, qui va nous balader dans l'Histoire et la géographie de l'Espagne, devrait être aussi vraiment passionnant. La spécificité de cette héraldique est l'usage presque exclusif de partitions très simples : coupés, partis, écartelés, écussons, et l'usage immodéré de la bordure, chargée de meubles divers ou d'inscriptions qui apportent souvent un éclairage complémentaire sur l'Histoire de la ville ou de la province.

Nous poursuivons le parcours avec huit nouvelles étapes, entrecoupées d'une journée de repos. Nous allons partir des immenses plaines céréalières de Castille et León (blason ci-dessus), pour rejoindre la côte asturienne à travers les Monts Cantabriques puis nous longerons la côte atlantique jusqu'à rejoindre le Pays Basque et au-delà des frontières en passant dans les Pyrénées-Atlantiques, la seule incursion "étrangère" pour cette année.
 Nous terminerons, toujours dans les Pyrénées; mais aragonaises, cette fois ! Cela nous promet beaucoup d'émotions et de surprises ! Je vous rappelle que vous pouvez visualiser ces paysages à couper le souffle, à tout moment, avec les vidéos proposées en replay dont je vous donne l'adresse tout en bas.
la carte de la deuxième semaine du parcours (cliquer sur l'image pour l'agrandir)


8e étape - Samedi 27 Août 2016  :
 Villalpando  -   La Camperona / Valle de Sabero


Villalpando
(Province de Zamora -
 C.A. de Castille et León)
la Puerta de San Andrés à Villalpando
timbre-poste émis en 1982

• Villalpando

"D'azur à quatre fasces d'or, un soleil du même brochant en coeur; à la bordure d'argent chargée de la devise "RANITA GLORIA EXTOLLE" en lettres de sable".





écu officiel utilisé par la commune
outre les couleurs à l'aspect délavé
le soleil est décalé sur la fasce n° 3


.


• el alto de La Camperona
La Camperona est une montagne de 1597 m. d'altitude qui est situé dans la province de León, près de la ville de Sabero. Le col de montagne qui mène au sommet du même nom, est pour la seconde fois utilisé pour une arrivée d'étape du Tour d'Espagne ( la première était en 2014).




Sabero
(Province de León -
  C.A. de Castille et León
)


• Sabero

"D'azur, à trois montagnes d'argent terrassées de sinople, surmontées d'une masse et d'un marteau d'argent posés en sautoirs".
 Timbre : couronne royale fermée.

• Ce village des Montagnes orientales leónaises était connu pour ses activités minières, en particulier l'extraction du charbon, très abondant dans cette région. Les outils choisis pour le blason ne sont pas vraiment adaptés au travail du charbon, mais plutôt aux carrières, ils représentent donc symboliquement toute l'activité minière en général.




9e étape - Dimanche 28 Août 2016 : 
Cistierna    -   Oviedo / Alto del Naranco


Cistierna
(Province de León -
  C.A. de Castille et León
)

• Cistierna

" D'azur au château d'argent à trois tours crénelées, celle du centre plus haute et plus large, ajouré et ouvert de sable, soutenu par trois burelles ondées d'argent". 
Timbre : couronne royale fermée.

Le château rappelle les divers ouvrages fortifiés qui ont existé sur le territoire et les ondes symbolisent le río Esla qui  traverse la commune. C'est aussi une allusion à la "cisterna" (la citerne en français), un réservoir d'eau, qui a donné son nom à cette ancienne commune minière et qui servait jadis à laver le minerai extrait des mines. En particulier, de la fin du XIXe siècle jusqu'en 1991, on a exploité ici d'importantes mines de charbon.




el Cristo del Naranco : situé au sommet du Monte Naranco,
il embrasse symboliquement et protège la ville d'Oviedo.
église préromane de Santa Maria
del Naranco (IXe s.) - timbre émis en 1961
• el alto del Naranco
Le monte Naranco est une montagne qui s'élève à 634 m d'altitude et qui domine la ville d'Oviedo.
Oviedo 
(Principauté des Asturies)


 • Oviedo

"D’azur à la croix de "Los Ángeles" d’or, sertie de pierres précieuses, tenue par deux anges affrontés et agenouillés sur une nuée, le tout d’argent, à la bordure d’argent, chargée de l’inscription en lettres de sable "MUY NOBLE • MUY LEAL • BENEMERITA • INVICTA • HEROICA • BUENA " (Très noble, très loyale, digne, invaincue, héroïque, bonne).
Timbre : couronne royale fermée.

• « La Cruz de los Angeles » - la Croix des Anges en français - est une pièce d’orfèvrerie extraordinaire commandée en 808 par le Roi des Asturies : Alfonso II "el Casto" (Alphonse II le Chaste). Elle est visible dans le trésor de la magnifique cathédrale gothique d’Oviedo en compagnie d’une autre croix similaire : « la Cruz de la Victoria » -la Croix de la Victoire- . Cette seconde croix est aussi le symbole héraldique de l'actuelle Province et Principauté des Asturies.

 
cathédrale gothique d'Oviedo - bloc philatélique émis par la Poste espagnole en 2012


10e étape - Lundi 29 Août 2016 :  
Lugones  -  Lagos de Covadonga


Siero
(Principauté des Asturies)

Lugones
C'est une "parroquia" (littéralement : une paroisse), donc un des nombreux villages réunis dans le "municipio" ou "concejo" en asturien, (la commune) de Siero dont le chef-lieu est situé à Pola de Siero.

•  Siero
" De sinople au vase d'or d'où sortent cinq lis de jardin du même, surmonté d'une fleur de lis d'argent, à la bordure de vair". 
Timbre : couronne de prince (des Asturies).

Ces armoiries (avec des émaux parfois différents attribués aux meubles, selon les auteurs) seraient d'origine très ancienne (1580) d'après le chanoine et historien  Tirso de Avilés y Hevia, citées dans son ouvrage "Armas y linajes de Asturias y Antigüedades del Principado" (Armoiries et lignages des Asturies et antiquités de la Principauté).




le Parc National de Covadonga et ses richesses naturelles
 sur un timbre émis en 1988

• Lagos de Covadonga
Localisés dans un superbe Parc National, il s'agit de sites naturels composés de plusieurs lacs d'altitude situés au pied des Picos de Europa, points culminants (alt. 2648 m.) de la Cordillère cantabrique, sur le territoire de la municipalité de Cangas de Onis.







Cangas de Onis
 (Principauté des Asturies)


 • Cangas de Onis

"Écu ovale, de sinople, à la champagne d'azur, un pont romain à trois arches d'or maçonné de sable, brochant, soutenu par trois fasces ondées d'argent, brochant sur les piles du pont, surmonté par un croisant versé d'argent et au-dessus : une croix latine d'or dont la base est accolée à un gland à dextre et une feuille de chêne à senestre, du même métal ; une bordure d'or chargée d'une inscription en lettre capitales de gueules :  "MINIMA VRBIVM MAXIMA SEDIVM".
Timbre : couronne royale fermée.

La devise latine signifie : "Une petite ville, mais un lieu immense". Cette petite ville est célèbre pour être un haut lieu historique des Asturies et de l'Espagne en général.
• L'ensemble du blason fait en effet référence à la célèbre bataille de Covadonga, en 722, où les asturiens emmenés par  Don Pelayo infligèrent une sévère défaite aux musulmans dans les montagnes de la Cordillère cantabrique.
l'histoire (un peu arrangée) de Don Pelayo en version bande dessinée
sur un timbre émis par la poste espagnole en 2000
 C'est l'évènement qui marque le début de la Reconquista, ainsi que la fondation du Royaume d'Asturies dont Don Pelayo (Pélage en français) fut le premier souverain chrétien. En reconnaissance, il fera édifier un sanctuaire en l'honneur de la Vierge Marie dans les montagnes où eut lieu la bataille ; aujourd'hui c'est une basilique datant du XIXe siècle. La croix latine qui symbolise la victoire sera plus tard figurée par des objets d'orfèvrerie incrustés de pierres précieuses  que l'on retrouve dans les armes des Asturies. Cangas de Onís avec son pont "romain" sur le Rio Sella, a été la première capitale des Asturies.
le pont roman de Cangas de Onis,  sur un entier postal de 1979 (fragment), d'après une aquarelle
c'est celui qui est représenté stylisé dans les armoiries de la ville




Mardi 30 août 2016 : pas d'étape / repos à Oviedo

timbre reproduisant les armes
d'Oviedo pour représenter la
province des Asturies, émis en 1964
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mardi 30 août 2016

Histoire parallèle : 30 août 1916-2016 -
la Turquie déclare la guerre à la Roumanie

Dans la suite logique, après l'Autriche-Hongrie le 27 août, et l'Allemagne le 28 , le troisième grand des Empires centraux applique scrupuleusement les traités d'alliance militaires. Et puis la Roumanie n'est pas bien loin des côtes turques de la Mer Noire.


drapeau d'état de l'Empire ottoman en 1916
drapeau d'état du royaume de Roumanie en 1916


• 29 août 1916 :  Les troupes roumaines entrent dans la ville de Brașov (renommée Kronstadt en allemand), en Transylvanie austro-hongroise. La population accueille l'armée roumaine comme des libérateurs.
armoiries de la ville de Brasov / ex-Kronstadt , en Transylvanie, au XVIIe siècle , fragment d'un dessin reconstituant le plan de la ville fortifiée à cette époque ( voir → ICI)


30 août 1916 :  : L'Empire ottoman déclare la guerre à la Roumanie.


armoiries des empereurs ottomans jusqu'en 1922

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dimanche 28 août 2016

Histoire parallèle : 28 août 1916-2016 -
l'Allemagne déclare la guerre à la Roumanie et l'Italie déclare la guerre à l'Allemagne

Dans le jeu maintenant bien connu des alliances militaires, et après l'entrée téméraire de la Roumanie, encerclée par trois puissances ennemies (voir la carte plus bas) , celle-ci déclenche les hostilités de la part des Empires centraux, à commencer par le plus belliqueux : l’Empire allemand de Guillaume II .


drapeau d'état de l'Empire allemand en 1916
drapeau d'état du royaume de Roumanie en 1916


drapeau d'état du royaume d'Italie en 1916


• 12 août 1916 :  Un corps expéditionnaire italien débarque à Salonique en Grèce, pour renforcer les forces de l'Entente dans les Balkans.
 
28 août 1916 :  : L'Allemagne déclare la guerre à la Roumanie.


• 28 août 1916 :  Suite à l'échec devant Verdun et à la pression des forces de l'Entente dans la Somme, le général allemand von Falkenhayn est écarté de la tête de l'armée allemande sur le front occidental pour prendre le commandement des troupes envoyées face à la Roumanie.

28 août 1916 :  : Déjà en guerre contre l'Autriche-Hongrie depuis près d'un an et demi, l'Italie déclare la guerre à l’Allemagne, en réaction à cette nouvelle escalade.



texte :   LE JOUR DE LA ROUMANIE     •      LES DEUX CAMPS :
- Le Kaiser (Guillaume II)  "Alors vous aussi vous êtes contre moi ! Je vous rappelle que
 Hindenburg se bat de mon côté"
- Le Roi de Roumanie (Ferdinand Ier) : "Oui,  mais la liberté et la justice combattent de mon côté"
carte postale de propagande britannique d'époque.

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samedi 27 août 2016

Histoire parallèle : 27 août 1916-2016 -
la Roumanie déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie

  Des combats  meurtriers font rage sur tous les fronts en Europe : sur la Somme ou à Verdun, en France, sur l'Isonzo, entre Italiens et Austro-hongrois, sur les fronts de l'est entre Allemands, Austro-hongrois et Russes, dans le Moyen-Orient avec les Turcs contre les troupes de l'Empire britannique venant de tous les continents et même encore en Afrique de l'Est, et sur toutes les mers du globe, naturellement.
  Un autre foyer très actif depuis le début de la Guerre se trouve dans les Balkans. Cette région est même à l'origine du conflit , rappelez-vous : Sarajevo, 28 juin 1914. Comme on peut le voir sur la carte géopolitique ci-dessous, dans cette région : deux pays sont encerclés par les belligérants : la Grèce et la Roumanie. Et malgré leur souhait de rester neutres dans le conflit, la Grèce, par exemple laisse passer de nombreuses troupes alliées via le port de Salonique, pour rejoindre le front bulgaro-serbe et donc on ne peut plus parler de neutralité, mais plutôt d'alliance passive.

drapeau d'état du royaume de Roumanie en 1916
drapeau de guerre de l'Empire austro-hongrois en 1916

   En Roumanie, qui est une monarchie parlementaire, le roi Carol Ier (1839-1914) monte sur le trône le 26 mars 1881. Ce roi issu de la dynastie allemande des Hohenzollern-Sigmaringen se met sous la protection de l'Allemagne par un accord secret qui n'est révélé qu'en août 1914 au moment de l'entrée en Guerre. Cependant,  le conseil de la couronne refuse de s’engager aux côtés des puissances centrales et opte pour la neutralité.

portrait du roi Charles / Carol  Ier de Roumanie (1839-1914) de la Maison de Hohenzollern-Sigmaringen  - son palais à Bucarest et  ses armoiries -   chromo publicitaire d'époque
• 10 octobre 1914 :  Carol Ier, décède, et c'est son neveu : Ferdinand Ier qui monte sur le trône. Bien que faisant partie de la même dynastie germanique que son oncle, il est davantage imprégné de culture roumaine et tend à rejoindre les causes de l’Entente. La Roumanie reste pourtant neutre pendant deux ans. Les négociations avec l’Entente sont longues et secrètes, elles ne permettent pas à l’Armée roumaine de se doter des équipements et des armements nécessaires non seulement à sa défense mais surtout à sa victoire.


 17 août 1916 :  Le chef du gouvernement Ion I. C. Brătianu signe deux conventions, politique et militaire qui placent la Roumanie dans le camp de l’Entente. En cas de victoire elle espère récupérer la Transylvanie, occupée par la Hongrie pour reformer "la Grande Roumanie". Le succès apparent de l’offensive russe lancée en Galicie par le général Broussilov et l'apport régulier de troupes par Salonique, au sud, ont semble-t-il convaincu la Roumanie de choisir le camp de l’Entente et de franchir le pas. Mais cette opération des russes se révèlera rapidement sans lendemain.

Traité de Bucarest du 4/17 août 1916 entre la Roumanie, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et la Russie.
Ce traité porte la signature de Ion I. C. Brătianu alors Président du Conseil des Ministres de Roumanie. (cliquer sur l'image pour agrandir)

• 25 août 1916 :  Des troupes russes franchissent amicalement la Dobroudja pour assister la Roumanie.

• 27 août 1916 :  La Roumanie rejoint officiellement l'Entente et mobilise son armée pour entrer dans le conflit avec les Puissances centrales.

27 août 1916 : La Roumanie déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie.

armoiries et drapeaux de la Roumanie en 1916
   carte cadeau publicitaire d'époque

portrait d'un officier de Cavalerie roumain 
carte postale illustrée par Émile Dupuis, série "Nos alliés"

carte géopolitique au 27 août 1916  avec la Roumanie comme nouveau belligérant


portrait d'un officier d'Infanterie autrichien 
carte postale illustrée par Émile Dupuis, série "Leurs caboches"