mardi 23 janvier 2018

Le choc des titans de l'héraldique mondiale :
Lions 🦁 vs 🦅 Aigles, 4e partie : en Asie

🛡 Depuis le Moyen-âge en Europe, le lion et l'aigle sont les animaux les plus anciens et les plus diversement stylisés du bestiaire héraldique. Le lion s'impose en Europe occidentale, alors que l'aigle règne en Europe orientale et centrale. Je vous ai déjà présenté un premier volet mettant face à face les emblèmes nationaux actuels en Europe (voir → ICI), en Amérique (voir → ICI), en Afrique (voir → ICI). Le lion en est sorti trois fois vainqueur.

Illustration de la bataille pour la couronne entre
aigle et lion en un seul blason : armoiries de la ville
 de Capestang (France, département de l'Hérault)

  Nous allons maintenant nous déplacer vers l'immense et diverse Asie, pour découvrir si la balance penche toujours vers les lions et ses dérivés ou bien vers les aigles et ses cousins rapaces. A gauche, la colonne est dédiée aux aigles et grands rapaces apparentés et même imaginaires pour certains, à droite, la colonne rassemble les lions et quelques grands félins, que les figures soient présentes dans l'écu central, ou bien dans les ornements extérieurs : supports, cimiers, etc... Et au centre, pour certains pays, les deux figures combinées ensemble: lion et aigle, réunies dans le même emblème, donnant parfois un match nul si l'on les met en compétition .
  Il ne reste plus qu'à compter les points !

Royaume de Jordanie
ce sont aussi les armoiries du souverain, le roi de Jordanie


République de l'Inde
trois lions qui viennent du chapiteau aux lions d'Ashoka
 (en réalité ils sont quatre)

Irak
l'aigle est un symbole associé à la légende de Saladin comme
 nous l'avons déjà vu dans le continent précédent avec l'Égypte 
Sri Lanka
le lion brandissant un sabre est un ancien symbole
remontant au vieux royaume de Kandy



cliquer sur le lien ci-dessous pour lire la suite :

samedi 20 janvier 2018

Albums à vignettes Sanka #12 : Anjou, Maine, Touraine, Orléanais et Berry

Cet article constitue la suite de ma base d'archives de ma rubrique "Sanka" que vous pouvez consulter dans les onglets en haut ce la page d'accueil . Je rajouterai au fil de l'eau de nouvelles séries, région par région , mais afin de ne pas générer un temps de chargement trop long sur votre ordinateur, je mettrai l'accès aux anciennes pages par un lien vers ces archives , voilà pour le procédé ...


Pour rappel , ces albums de vignettes héraldiques étaient une création des célèbres Cafés Sanka qui ont démarré vers 1933 et duré jusqu' à la Seconde Guerre mondiale. Cette marque était une filiale de la firme allemande Café Hag , fondée en 1906 . Seulement 6 albums intitulés "la France Héraldique" ont été édités pour la France, alors que 40 étaient prévus initialement, mais la guerre a malheureusement mis fin au projet .

 Onzième volet de cette thématique nostalgique (voir tout en bas de cette page pour accéder aux anciennes séries).
   Nous allons découvrir les feuillets qui correspondent à cinq anciennes provinces de l'ouest et du centre de la France: l'Anjou, le Maine, la Touraine, l'Orléanais et le Berry, qu'on nomme plus généralement les Pays du Val de Loire. Aujourd'hui ces provinces font partie des régions administratives Pays-de-la-Loire et Centre-Val-de-Loire. Nous allons détailler en tout  9 départements:  Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Eure-et-Loir, Loiret, Cher et Indre.
   Sur la carte ci-dessous, qui provient aussi de l'album et que j'ai délimitée et adaptée pour l'éclairage du sujet, les sept départements forment un ensemble géographique et historique cohérent. En effet l'Orléanais et le Berry comptent parmi les plus anciennes provinces (duchés) rattachées à la couronne de France. L'Anjou est arrivé à la fin du XVe siècle, le Maine et la Touraine à la fin du XVIe siècle. Sous la Révolution française au moment de la création des départements, en 1790, les contours de ceux-ci ont globalement suivi les limites des anciens comtés et duchés constitutifs (voir la carte ci-dessous). Exception faite de l'Eure-et-Loir composé de morceaux de Maine, d'Orléanais et d'Île-de-France, le Cher qui est un agrégat de Berry, d'Orléanais et de Bourbonnais, ou la Mayenne, la Sarthe coupées en deux de Maine et d'Anjou, etc...  
 Chaque page rassemble les blasons de neuf villes les plus représentatives de chaque département. Je n'ai pas mis le texte des pages intermédiaires qui donne une description succincte de chaque ville, mais sans intérêt pour l'héraldique. En-dessous de chaque page, des liens permettent de comparer avec le blason actuel, le cas échéant.



La plupart de ces blasons sont toujours en vigueur à quelques petits détails près :
(cliquez sur le nom de la ville vous voir le blason actuel)
  • Beaufort-en-Vallée : le lion n'est pas contourné, mais est couronné, armé et lampassé de gueules.
  • Durtal : le blason est un peu différent aujourd'hui (quartiers 2 et 3 d'azur à la barre d'argent). Le blason montré ici est celui créé par Charles d'Hozier pour son Armorial Général de France (édit de 1696).
  • Pouancé : le blason est différent aujourd'hui (quartiers 1 et 4 d'or au pal de sinople et quartiers 2 et 3 à la barre d'or), d'après celui créé par Charles d'Hozier pour son Armorial Général de France (édit de 1696).
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lundi 15 janvier 2018

Top 10 des plus grandes villes d'Argentine avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous profitons du passage du rallye Dakar se déroulant, malgré son nom, dans les pays d'Amérique du Sud, à la rencontre de celui qui est le plus souvent et le plus longuement traversé: l'Argentine.




Voici donc les 10 plus grandes villes, indépendamment de leurs agglomérations, en terme de population  (chiffres : 2010, dernier recensement ):


1 - BUENOS AIRES

- nom complet originel : Santísima Trinidad y Puerto de Nuestra Señora del Buen Ayre
capitale fédérale de la République d'Argentine et ville autonome (Ciudad Autónoma de Buenos Aires) -  2 890 150 habitants.

ancienneté de l'emblème d'origine : 1649
adoption sous cette forme logotypée : 2012

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI




2 - CÓRDOBA

capitale de la province de Cordoba (provincia de Córdoba) -  1 329 600 habitants.


ancienneté des armoiries : 1573

Cette ville avait été détaillée dans un précédent article sur les provinces d'Argentine  → ICI

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vendredi 12 janvier 2018

Top 10 des plus grandes villes de Bolivie avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous repartons en Amérique du Sud et, pour coller avec l'actualité, notamment avec un des trois pays que le rallye Dakar traverse en 2018: la Bolivie.






Voici donc les 10 plus grandes villes, plus exactement les plus grands municipios (communes) en terme de population, pour certaines séparément de leurs agglomérations urbaines (chiffres 2012, dernier recensement).




1 - SANTA CRUZ DE LA SIERRA

capitale du département de Santa Cruz (Departamento de Santa Cruz)  - 1 441 410 habitants


ancienneté des armoiries : 1636




2 - EL ALTO

ville de l'agglomération de La Paz, dans le département de La Paz (Departamento de La Paz)   - 842 380 habitants


ancienneté des armoiries : 1988

 


3 - LA PAZ

- nom complet originel : Nuestra Señora de La Paz
siège du gouvernement de la Bolivie, assimilée de fait à une capitale administrative, capitale du département de La Paz (Departamento de La Paz)  - 757 180 habitants



ancienneté des armoiries : 1555
modifiées ou augmentées, en 1822, 1876, 1883, 1893 et 1975 

Cette ville avait été détaillée dans un  article relatif au Rallye Dakar  → ICI 



4 - COCHABAMBA

- ancien nom colonial : Villa Real de Oropesa (1571- 1825)
capitale du département de Cochabamba (Departamento de Cochabamba)  - 630 590 habitants


ancienneté des armoiries : 1788




5 - ORURO

- ancien nom colonial : Villa Real de San Felipe de Austria (1606 - 1781)
capitale du département d'Oruro (Departamento de Oruro)  -  264 680 habitants


ancienneté des armoiries : 1606


Cette ville avait été détaillée dans le même article relatif au Rallye Dakar  → ICI

 

6 - SUCRE

- anciens noms : Charcas (période préhispanique, avant 1538),  Ciudad de la Plata de la Nueva Toledo (1538-1776),  Chuquisaca (1776-1825)La Ilustre y Heroica Sucre (1825)
capitale constitutionnelle de la Bolivie et du département de Chuquisaca (Departamento de Chuquisaca)  - 237 480 habitants



ancienneté des symboles : étendard avec la croix dite "de Saint-André" : 1559




7 - TARIJA

- nom complet originel :  Villa de San Bernardo de la Frontera de Tarixa
capitale du département de Tarija (Departamento de Tarija)  -  179 530 habitants


ancienneté des armoiries : 1934 




8 - POTOSÍ

- nom complet originel :   Villa Imperial de Potosí
capitale du département de Potosi (Departamento de Potosí)  -  174 970 habitants


ancienneté des armoiries : 1547 (voir plus bas)
 modifiées en 1565 et enfin en 1575 (actuelles)




9 - SACABA

- nom complet originel :  Villa de San Pedro de Sacaba
ville de l'agglomération de Cochabamba dans le département de Cochabamba (Departamento de Cochabamba)  -  149 560  habitants





10 - QUILLACOLLO

ville de l'agglomération de Cochabamba, dans le département de Cochabamba (Departamento de Cochabamba)  -  117 860  habitants







•  La capitale que l'on apprenait à connaître et à réciter à l'école, La Paz, et qu'on présente généralement comme la capitale plus haute du monde, n'est pas la véritable capitale ! et elle n'est pas non plus la ville la plus importante, car une autre, pratiquement inconnue si on n'est pas sud-américain : Santa Cruz, est deux fois plus peuplée qu'elle ! Alors n'est elle pas déjà étonnante cette Bolivie ?

premières armes de la ville de Potosi en 1547,
 accordées par Charles Quint  (Carlos V)
on y voit le Cerro Rico, la montagne qui a fait
la fortune de la ville avec ses filons d'argent
• Sur le plan de l'héraldique, il faut bien admettre que nous ne sommes pas au sommet des Andes ! Loin s'en faut. Deux villes uniquement  (n°4 et 8) peuvent prétendre à une bonne note pour la qualité dans la tradition hispanique. Ce sont d'ailleurs des armes d'origine coloniale espagnole, avec l'échiqueté d'argent et d'azur des Ducs d'Albe pour honorer le Vice-Roi du Pérou Francisco Álvarez de Toledo , issu d'une branche de cette illustre maison d'Espagne et qui est à l'origine de la fondation de la ville n°4, en 1571. De la même façon,  les armoiries de l'Espagne impériale (mais avec une curieuse aigle sans têtes) ornent le très ancien blason de la ville n°8.

• On retrouve encore (mais avec ses deux têtes au complet, cette fois) l'aigle bicéphale de l'Espagne impériale sur le blason de la ville n°6.
  Autres éléments rappelant la puissance de l'ancien colonisateur: un heaume de chevalier surmontant l'écu d'armes de la ville n°3 et une cuirasse d'armure sommée d'un morion, avec trois plumes d'autruche, qui est la marque d'un officier supérieur parmi les conquistadors espagnols, pour la ville n°6, ou encore les couronnes ducales espagnoles (villes n°1 et 4).  On peut rajouter encore le lion et la tour de la ville n°1, rappelant les armes de Castille et León; idem avec les lions affrontés supportant les châteaux de la ville n°6. Tout ceci porte à croire que le peuple bolivien n'a pas nourri de haine féroce, qui aurait pu être légitime, envers les anciens dirigeants européens, au point de garder leurs symboles de pouvoir parmi les figures héraldiques de leurs villes.

le motif  principal ornant la Puerta del Sol
 dans la cité archéologique de Tiahuanaco

• Pour ce qui est des éléments naturels, on le sait, la Bolivie est un pays de hauts plateaux (les altiplanos), de hautes chaînes de montagnes, dépassant souvent les 6 000 m. ainsi qu'une quarantaine de volcans, la plupart endormis.
 Les sommets des Andes sont donc très présents sur les armoiries, et quelques-unes de ces montagnes (cerros en espagnol) ont fait la fortune du pays, et de l'Espagne auparavant, avec les précieux minerais qui y ont été découverts dans leurs entrailles et exploités jusqu'à l'épuisement. Nous pouvons voir par exemple le Huayna Potosí (6 088 m.) en n°2, surmonté d'un soleil de Tiahuanaco, une figure artistique d'une civilisation antique qui a précédé les Incas; en n°3, le Nevado Illimani (6 462 m.) ; en n°5 , le volcan Nevado Sajama (6 542 m.) ; en n°6 , à dextre le Cerro Rico de Potosí (4 782 m.) avec 5 filons d'argent descendant les pentes, devant lui plus petit, à nouveau le Huayna Potosí surmonté de six fonderies d'argent, et à senestre le Cerro de Porco ; enfin le n°10 montre aussi une chaîne de montagnes, sans doute la cordillère de Tunari (alt. maxi : 5 035 m.).
 Les cours d'eau et lacs d'altitude sont aussi représentés en n° 3, 5 et 7.
anciennes armes de la ville de Chuquisaca,
aujourd'hui renommée : Sucre

• Enfin, sans tout détailler parmi ce qui est évident, il y a quelques curiosités à relever :
- sur le blason de la ville n°1 : dans la partie dextre, outre les grands palmiers, l'arbre au tronc bizarre, renflé et percé d'un trou est une espèce locale appelée "árbol Toborochi" ou arbre bouteille (Ceiba speciosa) au tronc hypertrophié, apparentés aux baobabs d'Afrique.
- blason de la ville n°6 : la bordure de gueules est chargée de dix têtes coupées : plutôt macabre comme ornement ! Elles commémorent en fait la soumission de dix chefs rebelles de la province appelés "los diez tiranos" (les dix tyrans) qui se sont ligués contre le Vice-Roi de La Plata en 1552 et qui ont été jugés et exécutés, la tête tranchée. On connait même le nom de huit d'entre eux : Don Sebastián de Castilla; Don García Tello de Vega Maqueda ; Sanzedo ; Albán Pérez ; Arévalo ; Sepúlveda ; Corro; et Agasanje.

Pour conclure, malgré les entorses systématiques et souvent très lourdes aux règles de la composition du dessin héraldique, il serait dommage de passer son chemin sans essayer de comprendre. Les nations latino-américaines sont coutumières de cet espèce de langage symbolique très figuratif mélangeant scènes réalistes, paysages ou tableaux presque photographiques et figures classiques de l'héraldique. Il n'empêche que ces emblèmes sont tout à fait authentiques, officiels, et pour certains, chargés d'histoire et d'anecdotes. Ils méritent donc qu'on s'y intéresse.


sources textuelles et documentaires (rien en français) :  
www.educa.com.bo/contenido/simbolos-patrios ,
 www.eabolivia.com
 www.portalchuquisaca.8m.com/escudo.htm 
www.historiadelarte.us/andes/la-puerta-del-sol
es.wikipedia.org/wiki
 etc...




Si vous désirez en savoir plus sur le pays : la Bolivie et ses emblèmes, c'est → ICI

A bientôt, pour un nouveau pays ...→ ICI


Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI





          Herald Dick