jeudi 17 août 2017

Le bestiaire fantastique des Louis, père et fille, héraldistes.

🛡  Parmi les grands noms de l'héraldique française, toutes époques confondues, et qui plus est, unis par des liens familiaux, ils figurent parmi les les plus grands: Robert Louis (1902-1965) et sa fille Mireille, qui a collaboré avec son père, puis lui a succédé avec un talent égal.
 Ensemble ils ont réalisé un œuvre considérable, pour le compte des services de l'État, en tant qu'héraldistes officiels, comme la Poste, le Ministère de l'Intérieur, les Affaires étrangères (les armoiries "officieuses" de la France, c'est Robert Louis qui les a dessinées), etc...  Ils ont aussi rénové ou créé les armoiries pour une multitude de communes françaises et dans les anciens territoires coloniaux.

𝔊 Par l'entremise d'éditeurs de cartes postales ou d'autres imprimeurs, ils se sont fait connaître du public par la diffusion de superbes collections de plaquettes ou de cartes héraldiques, à usage postal ou pas, de tous formats et d'une qualité graphique très luxueuse. J'en ai déjà publié et détaillé quelques exemples (voir à la fin du sujet, pour les liens). Ces magnifiques objets de collection, très recherchés, ont été créés puis imprimés dans les meilleures maisons, dans les années '1950, '1960 et '1970, pour celles que je connais.

 📧 Récemment, un lecteur occasionnel de mon blog m'a contacté pour me féliciter d'avoir publié un sujet sur le "Livre d'or des villes de France", c'était il y a maintenant 6 ans, sous le titre "La carte des Préfectures de Robert Louis". Il me confiait qu'il était d'autant plus heureux, que l'imprimeur de cette belle carte héraldique : Louis Imbert à Saint Étienne était un de ses parents. Je lui ai proposé une collaboration amicale pour faire connaître d'autres géniales réalisations signées Robert et/ou Mireille Louis, éditées par l'entreprise de son cousin. Et il m'a répondu favorablement, qu'il en soit remercié.

🐉  Voici donc la première de ces merveilleuses planches héraldiques, intitulée : " DES ÊTRES HÉRALDIQUES IMAGINAIRES ",  imprimée avec le procédé "relief  typo-émail Imbert" : c'est une belle composition fantastique et héraldique, à quatre couleurs, créée par Robert et Mireille Louis, datée de 1974. Tout cela est écrit sur le carton en bas de la page 4.



pages 4 (à gauche) avec un petit texte de présentation et 1 (à droite), qui est la page couverture ; les deux panneaux sont
 normalement refermés l'un sur l'autre -  cliquer sur l'image pour agrandir avec les outils de votre navigateur 
pages 2 et 1, intérieur de la plaquette ouverte à plat  - cliquer sur l'image pour agrandir avec les outils de votre navigateur



📲 Pour les utilisateurs de smartphones, je vous propose une extraction de la composition, en deux fragments symétriques et redressés, afin de pouvoir mieux admirer les détails :

Basilic, Griffon, Dragon, Licorne, Sirène et Panthère héraldique

Harpie, Chimère, Amphiptère, Hydre, Sirène à deux queues, Triton

• Les auteurs promettaient (en page 4) une suite à ce drôle de tableau mythologique, j'ignore s'il y a eu d'autres plaquettes sur le même sujet.



Je remercie vivement Monsieur Alain Souleyreau, le propriétaire du document original.

Quelques autres de mes sujets en relation avec les héraldistes Robert Louis et Mireille Louis :




















        
     bidouillage par © Herald Dick
         dans le style Robert Louis

lundi 14 août 2017

Histoire parallèle : 14 août 1917-2017 -
la Chine déclare la guerre à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie.

Nous poursuivons la découverte de cette surprenante liste de nouveaux pays belligérants qui sont entrés en guerre en 1917, avec la Chine. Mais la Chine n'est pas à proprement parler une nouvelle venue dans le conflit mondial, car les puissances étrangères en guerre y possèdaient des concessions. Dès le 2 septembre 1914, les Japonais, alliés des Français et Anglais s'emparent partiellement des possessions allemandes du Shandong (Kiautschou-Tsingtau). Néanmoins la Chine avait proclamé sa neutralité le 6 août 1914.
   La Chine est une jeune république depuis 1912, instituée suite à la révolution de 1911, évènement considérable dans l'histoire du pays car elle provoqua la chute du régime impérial qui dirigeait le pays depuis 221 av. J.C, et mit fin à la dynastie Qing qui régnait sur l'Empire depuis 1644. Mais la nouvelle République sombra dans l'instabilité politique dès ses premières années, car diverses factions politiques et leurs chefs s'affrontent pour prendre le pouvoir et mettre la main sur les affaires du pays, et cela va durer ainsi jusqu'en... 1949 avec la création de la République populaire de Chine.

drapeaux de la République de Chine en 1917  :  • le premier drapeau (noté 733) est celui des révolutionnaires du
 soulèvement de Wuchang en 1911, qui a contribué à la chute du pouvoir impérial de la dynastie Qing;
ce drapeau est devenu par la suite le drapeau de l'armée chinoise jusqu'en 1928.
• Le second drapeau (noté 736),  était à l'époque celui adopté par la marine chinoise et deviendra plus tard, à partir
de 1928, celui de la République de Chine, puis de la Chine nationaliste jusqu'en 1949 (il est encore aujourd'hui
 le drapeau de l'état de Taïwan, qui est depuis 1949 en dissidence avec la République Populaire de Chine)
• Le troisième (noté 737) appelé "drapeau aux cinq couleurs", était entre 1912 et 1928 le drapeau d'état officiel
 de la République de Chine. Les cinq bandes de couleurs représentent "les cinq races dans l'union" (les cinq
 principales ethnies, il y en a des dizaines d'autres, en Chine) : Hans, Mandchous, Mongols, Huis et Tibétains.
- dessins extraits du livre américain  "Flags of the World" de Byron  McCandless et G.H. Grosvenor,
National Geographic Society - U.S.A - 1917
emblème de la République de Chine (1912-1949)
(et de nos jours celui de l'état de Taïwan)
Le soleil à douze rayons d'argent triangulaires
sur fond bleu  est aussi celui du parti politique
 du Kuomintang  qui a été créé après la révolution de 1911
.
drapeau de guerre allemand en 1917
drapeau de guerre austro-hongrois en 1917

• En Europe, dès 1915, la guerre s'annonce longue, ce qui a des conséquences sur les stratégies militaires mais aussi sur l'organisation de la main d'œuvre à l'arrière, puisque des milliers d'ouvriers et d'agriculteurs sont maintenus sous les armes. En France, le recrutement de travailleurs étrangers venant d'Espagne ou d'Afrique du Nord.est accéléré. Rapidement, des sources plus lointaines sont explorées. C'est ainsi que, cette même année, les autorités françaises entament des négociations avec le gouvernement chinois – pays où la France possède une enclave : le territoire de Kouang-Tcheou, ainsi que diverses concessions, bureaux, etc. – pour recruter des travailleurs.


cliquer sur le lien ci-dessous pour lire la suite :

mardi 8 août 2017

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Bretagne - les pays de Léon et de Tréguier

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

  Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Bretagne. Après les premiers chapitres consacrés aux pays de Rennes et de Saint-Malo, puis à la sénéchaussée de Nantes, et encore les pays de Vannes et de Saint-Brieuc, nous progressons toujours vers l'ouest. Notre quatrième chapitre a été scindé en deux parties, au sud le pays de Cornouaille et au nord , les pays de Léon et de Trégor.
Ce deuxième et dernier volet qui clôturera l'exploration de notre Gouvernement de Bretagne à la fin du XVIIe siècle, concerne les pays de Léon* et de Tréguier, aussi appelé Trégor, ou plus rarement Trégorrois. Le premier est situé sur la partie extrême nord de l'actuel département du Finistère, et le second couvre un large territoire de l'ouest des Côtes-d'Armor entre les baies de Morlaix et de Saint-Brieuc.

     Revenir à l'épisode précédent →


(*) Le Léon (avec un accent sur le e) est ici un petit pays de France, un ancien diocèse et une ancienne Principauté de Bretagne, qui n'a évidemment rien à voir avec l'ancien royaume de León (avec un accent sur le o) qui lui est composante historique importante de l'état espagnol et aussi une province actuelle de la Communauté autonome de Castille-et-León.

Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s., donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir 








Les fragments de manuscrits proviennent encore du Volume I. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France*  (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

  (*)  Armorial Général de France -   volume VIII  -  Bretagne 1ère partie  
         Armorial Général de France -   volume   IX  -  Bretagne 2e partie  (BNF Paris) 

Saint-Pol-de-Léon (Finistère)

 Première constatation, le blason primitif de la capitale du Léon est formé d'un champ d'hermine chargé d'un sanglier rampant, tenant dans ses pattes antérieures une tour de gueules, dans le canton dextre. La Planche délivre un curieux blasonnement : "d'argent semé de mouchetures d'hermine de sable..." !  mais il n'était pas réputé pour ses qualités d'expert en héraldique, comme l'a relaté l'historien Jacques Meurgey de Tupigny (1891-1973) dans ses notes à propos du manuscrit.
 Toujours dans le manuscrit de La Planche : le sanglier est peint "au naturel", il est onglé d'or, il semble aussi langué de gueules, même si cela ne figure pas dans le blasonnement, et il est couronné d'or (la couronne est bien posée sur sa tête). De plus, la tour est de type simple.
  Dans l'Armorial Général de France, pourtant postérieur de seulement une ou deux décennies, le dessin de d'Hozier montre un sanglier de sable, la couronne d'or est cette fois placée autour de son cour, et la tour est donjonnée de trois tourelles. Il n'est plus onglé ni langué d'un autre émail.
   Enfin, le blason actuel nous révèle qu'il a été brisé ou augmenté plus exactement par l'adjonction d'un second blason "d'or au lion morné de sable tenant une crosse épiscopale de gueules" qui pourrait provenir de celui de l'évêché de Léon.  À quelle date cette partition combinant ces deux blasons est-elle intervenue ? je l'ignore.
 Bizarrement, sur le dessin de d'Hozier concernant les armes de l'évêché de Léon, le lion tient une rose d'argent et non pas une crosse, et il n'est par morné : il possède bien une langue et des griffes. En effet, le blason du pays de Léon est "d'or au lion morné de sable" (je vous propose de lire les diverses hypothèses formulées pour expliquer les raisons de ce signe d’infamie: le morné, qui affecte un animal en héraldique, avec la fiche sur l'incontournable site Marikavel ).  
 À nouveau, selon le site Marikavel, le blason avec le lion tenant une crosse, est décrit comme "celui qui est peint sur le tombeau de Saint Yves, dans la cathédrale de Tréguier" et de fait il représente Saint-Pol-de-Léon, parmi d'autres villes bretonnes: Quimper, Rennes, Nantes, Brest, Tréguier, etc...



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vendredi 4 août 2017

Histoire parallèle : 4 août 1917-2017
le Liberia déclare la guerre à l’Allemagne

Nous poursuivons la découverte de cette surprenante liste de nouveaux pays belligérants qui sont entrés en guerre en 1917, dans les pas et sous l'influence politique des États-Unis d'Amérique, eux-même engagés officiellement dans la guerre depuis le 6 avril 2017. Voici donc cette fois le Liberia, première nation d'Afrique à avoir obtenu son indépendance en 1847,  fondée par une société américaine de colonisation (The National Colonization Society of America), pour y installer des esclaves noirs libérés, et qui se lance dans cet effroyable conflit de géants !
  Le Liberia s'était proclamé neutre au début de la Première Guerre mondiale. Mais, le conflit présent dans les territoires coloniaux voisins, le blocus de l'Empire allemand par les Alliés et la guerre sous-marine livrée par les Allemands à ceux-ci réduisirent à néant le commerce extérieur de ce petit pays d'Afrique occidentale provoquant une grave crise financière et économique.

drapeaux du Liberia en 1917  : drapeau d'état et pavillon présidentiel  -  dessins extraits du livre américain  "Flags of the World"
 de Byron  McCandless et G.H. Grosvenor, National Geographic Society - U.S.A - 1917
armoiries du Liberia, version allemande,
dessinées par Hugo Gerard Ströhl
 (extraites d'une planche du dictionnaire
Meyers Großes Konversations-Lexikon 1909)
armoiries du Liberia, version américaine
vignette de charité 1914

drapeaux allemands : guerre, marchand et pavillon impérial -  dessins extraits du livre américain  "Flags of the World" de Byron  McCandless et G.H. Grosvenor, National Geographic Society - U.S.A - 1917


 • 5 mai 1917 : Espérant se faire bien voir des États-Unis dont il voulait obtenir un prêt, le Liberia rompt ses relations diplomatiques avec l'Allemagne.

 4 août 1917 : Le Liberia déclare la guerre à l'Allemagne, sans l'intention de la mener, le but étant de s'emparer des biens des ressortissants allemands relativement nombreux car l'Allemagne était le premier partenaire du Liberia avant 1914. En raison de son isolement, la nouvelle ne sera connue en Europe et à New York que le 7 août.

 • 10 avril 1918 : un sous-marin allemand pénétra dans le port de Monrovia, la capitale, coula l'unique navire de la marine libérienne (un voilier), bombarda la ville dans le but de détruire les stations de radio et du télégraphe, tuant plusieurs civils puis quitta la place quand un bateau à vapeur britannique alerté par radio s'approcha. Ce sera au final l'unique acte de guerre livré entre les deux pays.


 
portrait du président de l'époque : Daniel Edward Howard (1861-1935)
timbre commémoratif de la poste libérienne émis en 1966.





drapeau d'état du Liberia - fragment d'une page extraite du livre en anglais
 "Drawings of the flags in use at the present time by various nations" (Londres-1916)