vendredi 12 janvier 2018

Top 10 des plus grandes villes de Bolivie avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous repartons en Amérique du Sud et, pour coller avec l'actualité, notamment avec un des trois pays que le rallye Dakar traverse en 2018: la Bolivie.






Voici donc les 10 plus grandes villes, plus exactement les plus grands municipios (communes) en terme de population, pour certaines séparément de leurs agglomérations urbaines (chiffres 2012, dernier recensement).




1 - SANTA CRUZ DE LA SIERRA

capitale du département de Santa Cruz (Departamento de Santa Cruz)  - 1 441 410 habitants


ancienneté des armoiries : 1636




2 - EL ALTO

ville de l'agglomération de La Paz, dans le département de La Paz (Departamento de La Paz)   - 842 380 habitants


ancienneté des armoiries : 1988

 


3 - LA PAZ

- nom complet originel : Nuestra Señora de La Paz
siège du gouvernement de la Bolivie, assimilée de fait à une capitale administrative, capitale du département de La Paz (Departamento de La Paz)  - 757 180 habitants



ancienneté des armoiries : 1555
modifiées ou augmentées, en 1822, 1876, 1883, 1893 et 1975 

Cette ville avait été détaillée dans un  article relatif au Rallye Dakar  → ICI 

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4 - COCHABAMBA

- ancien nom colonial : Villa Real de Oropesa (1571- 1825)
capitale du département de Cochabamba (Departamento de Cochabamba)  - 630 590 habitants


ancienneté des armoiries : 1788




5 - ORURO

- ancien nom colonial : Villa Real de San Felipe de Austria (1606 - 1781)
capitale du département d'Oruro (Departamento de Oruro)  -  264 680 habitants


ancienneté des armoiries : 1606


Cette ville avait été détaillée dans le même article relatif au Rallye Dakar  → ICI

 

6 - SUCRE

- anciens noms : Charcas (période préhispanique, avant 1538),  Ciudad de la Plata de la Nueva Toledo (1538-1776),  Chuquisaca (1776-1825)La Ilustre y Heroica Sucre (1825)
capitale constitutionnelle de la Bolivie et du département de Chuquisaca (Departamento de Chuquisaca)  - 237 480 habitants



ancienneté des symboles : étendard avec la croix dite "de Saint-André" : 1559




7 - TARIJA

- nom complet originel :  Villa de San Bernardo de la Frontera de Tarixa
capitale du département de Tarija (Departamento de Tarija)  -  179 530 habitants


ancienneté des armoiries : 1934 




8 - POTOSÍ

- nom complet originel :   Villa Imperial de Potosí
capitale du département de Potosi (Departamento de Potosí)  -  174 970 habitants


ancienneté des armoiries : 1547 (voir plus bas)
 modifiées en 1565 et enfin en 1575 (actuelles)




9 - SACABA

- nom complet originel :  Villa de San Pedro de Sacaba
ville de l'agglomération de Cochabamba dans le département de Cochabamba (Departamento de Cochabamba)  -  149 560  habitants





10 - QUILLACOLLO

ville de l'agglomération de Cochabamba, dans le département de Cochabamba (Departamento de Cochabamba)  -  117 860  habitants







•  La capitale que l'on apprenait à connaître et à réciter à l'école, La Paz, et qu'on présente généralement comme la capitale plus haute du monde, n'est pas la véritable capitale ! et elle n'est pas non plus la ville la plus importante, car une autre, pratiquement inconnue si on n'est pas sud-américain : Santa Cruz, est deux fois plus peuplée qu'elle ! Alors n'est elle pas déjà étonnante cette Bolivie ?

premières armes de la ville de Potosi en 1547,
 accordées par Charles Quint  (Carlos V)
on y voit le Cerro Rico, la montagne qui a fait
la fortune de la ville avec ses filons d'argent
• Sur le plan de l'héraldique, il faut bien admettre que nous ne sommes pas au sommet des Andes ! Loin s'en faut. Deux villes uniquement  (n°4 et 8) peuvent prétendre à une bonne note pour la qualité dans la tradition hispanique. Ce sont d'ailleurs des armes d'origine coloniale espagnole, avec l'échiqueté d'argent et d'azur des Ducs d'Albe pour honorer le Vice-Roi du Pérou Francisco Álvarez de Toledo , issu d'une branche de cette illustre maison d'Espagne et qui est à l'origine de la fondation de la ville n°4, en 1571. De la même façon,  les armoiries de l'Espagne impériale (mais avec une curieuse aigle sans têtes) ornent le très ancien blason de la ville n°8.

• On retrouve encore (mais avec ses deux têtes au complet, cette fois) l'aigle bicéphale de l'Espagne impériale sur le blason de la ville n°6.
  Autres éléments rappelant la puissance de l'ancien colonisateur: un heaume de chevalier surmontant l'écu d'armes de la ville n°3 et une cuirasse d'armure sommée d'un morion, avec trois plumes d'autruche, qui est la marque d'un officier supérieur parmi les conquistadors espagnols, pour la ville n°6, ou encore les couronnes ducales espagnoles (villes n°1 et 4).  On peut rajouter encore le lion et la tour de la ville n°1, rappelant les armes de Castille et León; idem avec les lions affrontés supportant les châteaux de la ville n°6. Tout ceci porte à croire que le peuple bolivien n'a pas nourri de haine féroce, qui aurait pu être légitime, envers les anciens dirigeants européens, au point de garder leurs symboles de pouvoir parmi les figures héraldiques de leurs villes.

le motif  principal ornant la Puerta del Sol
 dans la cité archéologique de Tiahuanaco

• Pour ce qui est des éléments naturels, on le sait, la Bolivie est un pays de hauts plateaux (les altiplanos), de hautes chaînes de montagnes, dépassant souvent les 6 000 m. ainsi qu'une quarantaine de volcans, la plupart endormis.
 Les sommets des Andes sont donc très présents sur les armoiries, et quelques-unes de ces montagnes (cerros en espagnol) ont fait la fortune du pays, et de l'Espagne auparavant, avec les précieux minerais qui y ont été découverts dans leurs entrailles et exploités jusqu'à l'épuisement. Nous pouvons voir par exemple le Huayna Potosí (6 088 m.) en n°2, surmonté d'un soleil de Tiahuanaco, une figure artistique d'une civilisation antique qui a précédé les Incas; en n°3, le Nevado Illimani (6 462 m.) ; en n°5 , le volcan Nevado Sajama (6 542 m.) ; en n°6 , à dextre le Cerro Rico de Potosí (4 782 m.) avec 5 filons d'argent descendant les pentes, devant lui plus petit, à nouveau le Huayna Potosí surmonté de six fonderies d'argent, et à senestre le Cerro de Porco ; enfin le n°10 montre aussi une chaîne de montagnes, sans doute la cordillère de Tunari (alt. maxi : 5 035 m.).
 Les cours d'eau et lacs d'altitude sont aussi représentés en n° 3, 5 et 7.
anciennes armes de la ville de Chuquisaca,
aujourd'hui renommée : Sucre

• Enfin, sans tout détailler parmi ce qui est évident, il y a quelques curiosités à relever :
- sur le blason de la ville n°1 : dans la partie dextre, outre les grands palmiers, l'arbre au tronc bizarre, renflé et percé d'un trou est une espèce locale appelée "árbol Toborochi" ou arbre bouteille (Ceiba speciosa) au tronc hypertrophié, apparentés aux baobabs d'Afrique.
- blason de la ville n°6 : la bordure de gueules est chargée de dix têtes coupées : plutôt macabre comme ornement ! Elles commémorent en fait la soumission de dix chefs rebelles de la province appelés "los diez tiranos" (les dix tyrans) qui se sont ligués contre le Vice-Roi de La Plata en 1552 et qui ont été jugés et exécutés, la tête tranchée. On connait même le nom de huit d'entre eux : Don Sebastián de Castilla; Don García Tello de Vega Maqueda ; Sanzedo ; Albán Pérez ; Arévalo ; Sepúlveda ; Corro; et Agasanje.

Pour conclure, malgré les entorses systématiques et souvent très lourdes aux règles de la composition du dessin héraldique, il serait dommage de passer son chemin sans essayer de comprendre. Les nations latino-américaines sont coutumières de cet espèce de langage symbolique très figuratif mélangeant scènes réalistes, paysages ou tableaux presque photographiques et figures classiques de l'héraldique. Il n'empêche que ces emblèmes sont tout à fait authentiques, officiels, et pour certains, chargés d'histoire et d'anecdotes. Ils méritent donc qu'on s'y intéresse.


sources textuelles et documentaires (rien en français) :  
www.educa.com.bo/contenido/simbolos-patrios ,
 www.eabolivia.com
 www.portalchuquisaca.8m.com/escudo.htm 
www.historiadelarte.us/andes/la-puerta-del-sol
es.wikipedia.org/wiki
 etc...




Si vous désirez en savoir plus sur le pays : la Bolivie et ses emblèmes, c'est → ICI

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          Herald Dick
 


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