vendredi 13 octobre 2017

Les blasons des métiers et corporations #13 : les Corporations de Paris, composition héraldique de Mireille Louis et Paul-François Morvan.

🛡  Parmi les grands noms de l'héraldique française, toutes époques confondues, et qui plus est, unis par des liens familiaux, ils figurent parmi les les plus grands: Robert Louis (1902-1965) et sa fille Mireille, qui a collaboré avec son père, puis lui a succédé avec un talent égal.
 Ensemble ils ont réalisé un œuvre considérable, pour le compte des services de l'État, en tant qu'héraldistes officiels, comme la Poste, le Ministère de l'Intérieur, les Affaires étrangères (les armoiries "officieuses" de la France, c'est Robert Louis qui les a dessinées), etc...  Ils ont aussi rénové ou créé les armoiries pour une multitude de communes françaises et dans les anciens territoires coloniaux.

𝔊 Par l'entremise d'éditeurs de cartes postales ou d'autres imprimeurs, ils se sont fait connaître du public par la diffusion de superbes collections de plaquettes ou de cartes héraldiques, à usage postal ou pas, de tous formats et d'une qualité graphique très luxueuse. J'en ai déjà publié et détaillé quelques exemples (voir à la fin du sujet, pour les liens). Ces magnifiques objets de collection, très recherchés, ont été créés puis imprimés dans les meilleures maisons, dans les années '1950, '1960 et '1970, pour celles que je connais.

 📧 Récemment, un lecteur occasionnel de mon blog m'avait contacté pour me féliciter d'avoir publié un sujet sur le "Livre d'or des villes de France", c'était il y a maintenant 6 ans, sous le titre "La carte des Préfectures de Robert Louis". Il me confiait qu'il était d'autant plus heureux, que l'imprimeur de cette belle carte héraldique : Louis Imbert à Saint Étienne était un de ses parents. Je lui ai proposé une collaboration amicale pour faire connaître d'autres géniales réalisations signées Robert et/ou Mireille Louis, éditées par l'entreprise de son cousin. Et il m'a répondu favorablement, qu'il en soit remercié.

🗼 Voici donc une nouvelle planche héraldique, consacrée aux " CORPORATIONS DE PARIS",  imprimée avec le procédé "relief  typo-émail Imbert". C'est une belle composition avec couleurs multiples, créée par  Mireille Louis et mise en scène par l'illustrateur Paul-François Morvan (1901-1986). Elle n'est pas datée, alors que l'imprimeur nous présente ses vœux de bonne année, certainement dans les années '1970.

page 1 (couverture) de la plaquette héraldique "Corporations de Paris" - cliquer sur l'image pour l'agrandir et observer les détails
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lundi 9 octobre 2017

Visite des armoriaux des Ordres de Chevalerie du Danemark : l'Ordre de l'Éléphant #03

🐘 Voici donc le troisième* volet consacré à l'armorial des chevaliers de l’Ordre de l’Éléphant, parmi ceux des princes de sang royaux (danois et étrangers) et des chefs d’État étrangers qui sont le plus mondialement célèbres, lesquels ont reçu cette distinction entre les années 1950 et 1965 (nous remontons progressivement dans le temps). C'est encore un choix personnel qui s'attache à montrer les plus belles armoiries, ou les plus surprenantes, en particulier celles de chefs d'états qui ne sont pas des monarchies et qui n'ont pas de titres de noblesse. Toutefois, certaines rares pages de l'armorial demeurent blanches pour certains dignitaires, sans armoiries ou inconnues à l'époque. La présence de deux présidents de la république française, qui n'avaient pas d'armes personnelles, et qui n'ont pas voulu s'en faire créer pour l'occasion, contrairement à certains de leurs successeurs (voir les volets précédents) sont rajoutés là juste pour l'anecdote. Ces pages proviennent de l'armorial royal : Elefantordenens Våbenbog tome III, 1878-1996.
(*) à la fin de cette page, je vous donne les liens pour revoir les précédents épisodes.
Cliquez sur les images et utilisez les outils de votre navigateur pour les agrandir, afin de révéler les détails.

Sir Winston Leonard Spencer Churchill (1874-1965), alors Premier Ministre du Royaume-Uni,
 de 1951 à 1955, après un premier mandat exercé durant la Seconde Guerre mondiale de 1940 à 1945.
fait chevalier le 9 octobre 1950 - armoiries peintes par Franz Sedivy  -
Elefantordenens Våbenbog tome III, page 187

Vincent Auriol (1884-1966) , alors président de la République
 française, de 1947 à 1954 - fait chevalier le 28 novembre 1950
ne possédant pas d'armoiries ( fórer ikke våben en danois)
Elefantordenens Våbenbog tome III, page 189

Sigvard Bernadotte (1907-2002), alors comte de Wisborg (Suède) de 1951 à 2002, deuxième fils
 du roi Gustaf VI Adolf de Suède (1882-1973) -  connu comme grand designer d'objets divers
fait chevalier le 28 mars 1952 - armoiries peintes par Franz Sedivy
Elefantordenens Våbenbog tome III, page 190

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mercredi 4 octobre 2017

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Languedoc - Sénéchaussée de Toulouse

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

 Nous avons quitté dernièrement le Gouvernement de Bretagne (voir l'épisode précédent → ). Nous allons maintenant nous transporter dans le sud, appelé communément le "Midi de la France" tout en restant virtuellement à la fin du XVIIe siècle.  Nous abordons une nouvelle et grande région qui nous promet encore de belles surprises : le Gouvernement de Languedoc, même si la fréquence des illustrations héraldiques s’essouffle un peu. Cette ancienne province royale, constituée après la Guerre (ou croisade) contre les Albigeois au XIIIe siècle, a succédé à l'ancien et puissant Comté-pairie de Toulouse, annexé au royaume de France en 1271. Les Comtés de Carcassonne, vicomtés d'Albi, de Béziers, de Narbonne, de Nîmes, etc, vassaux de Toulouse ont de fait disparu eux aussi avec lui. Ce territoire étendu de Toulouse et la Garonne jusqu'à la vallée du Rhône, englobait au nord-est les pays de Gévaudan, le Velay et le Vivarais, autres anciens comtés et vicomtés radiés. L'ancien Comté de Foix, intégré plus tardivement au domaine royal, en 1607 et surtout le Roussillon, récemment rattaché à la couronne de France par le traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659 avec l'Espagne, complètent l'étude et figurent en "additions" à la fin du livre consacré au Gouvernement du Languedoc.

   Cette province et ses additions font donc l'objet d'un livre (qui est une section d'un manuscrit) divisé en douze chapitres, consacrés chacun à une sénéchaussée, qui était la subdivision administrative en vigueur dans le sud du pays, dirigée par un sénéchal. Voici donc le premier de ces chapitres, consacré à la sénéchaussée de Toulouse, un territoire situé à cheval sur trois départements actuels : la Haute-Garonne, le Tarn et le Tarn-et-Garonne.



Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s., donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir 











Les fragments de manuscrits proviennent cette fois du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

(*)  Armorial Général de France  -  volume XIV  -  Languedoc 1ère partie  
       Armorial Général de France  -  volume XV  -  Languedoc  2e partie  (BNF Paris)




Toulouse (Haute-Garonne)
   La plus ancienne représentation des armes de Toulouse est celle figurant dans le sceau attaché à une lettre des Capitouls au Roi Pierre II d'Aragon, en 1211, pendant la Croisade des Albigeois.
Au verso du sceau, on trouve l'agneau nimbé, portant la Croix de Toulouse en bannière. L'agneau symbolise la force, il serait le signe premier de la ville et remonterait à l'époque romaine. Selon Nicolas Berey (1663), la symbolique de l'animal s'expliquerait par le culte rendu à Jupiter, révéré sous la figure d'un bélier. Ce bélier païen aurait été par la suite représenté foulé par la Croix des Comtes de Toulouse. Le bélier finira christianisé, en agneau pascal, tête nimbée, portant la Croix en bannière, ou passant devant elle et l'adorant.
  Au recto du sceau, on trouve le Château Narbonnais (à gauche) et la Basilique Saint Sernin (à droite). Les deux monuments n'étaient à l'origine que deux châteaux ou tours anonymes, symbole de force encore, image probable des très célèbres murs d'enceinte romains chantés du poète Ausone, ou, plus spécialement du château Narbonnais.
 La croix du Languedoc, également nommée croix occitane ou encore croix de Toulouse, semble avoir des origines très anciennes. Cette croix aux douze points semble avoir été l'un des symboles d'un peuple gaulois implanté au IIIe siècle av. J.C.
La croix du Languedoc s'impose dans le domaine toulousain au début du XIIIe siècle. Elle apparaît sur le sceau de Raymond VI en 1211 et figurera, dès lors, les armes de la ville de Toulouse puis celle du Languedoc, du XIVe au XVIIIe siècle.
La croix du Languedoc a fait l'objet de nombreuses hypothèses quant à sa signification symbolique. Il faut d'emblée préciser qu'elle n'a rien à voir avec l'iconographie chrétienne. Le symbole de la croix semble être solaire ; les quatre branches représentent les quatre saisons, et chaque point figure un mois de l'année, mais également un des douze signes du zodiaque. Ces derniers ont peu à peu disparu afin de connoter la croix d'un symbolisme chrétien.
source texte : www.toulouse.fr/web/la-mairie/decouvrir-la- ville/


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