samedi 30 septembre 2017

Top 10 des plus grandes villes de Slovaquie avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.


  Nous revenons en Europe, à la rencontre d'un petit pays niché au cœur de l'Europe centrale : la Slovaquie.




Voici donc les 10 plus grandes villes en terme de population, en-dehors des agglomérations (chiffres : 2016). 




1 - BRATISLAVA

- anciens noms :  Pressburg ; Preßburg (en allemand) - Pozsony (en hongrois) -  Presbourg (en français) Prešporok (en slovaque, avant 1919) - Prešpurk (en tchèque avant 1919)
capitale de la Slovaquie et chef-lieu de la région de Bratislava (Bratislavský kraj)  - 425 920 habitants


 armoiries d'origine sigillaire (XIIIe siècle)
 confirmées en 1436



2 - KOŠICE

- anciens noms :  Kaschau (allemand) - Kassa (hongrois) -  Cassovie (français)
chef-lieu de la région de Košice (Košický kraj)  - 239 140 habitants


Premières armoiries accordées en 1369
 (fascé argent/gueules et chef aux fleurs de lis)
blason modifié sous la forme actuelle en 1502
 



3 - PREŠOV

- anciens noms :  Eperies ; Preschau (allemand)  - Eperjes (hongrois)
chef-lieu de la région de Prešov (Prešovský kraj)  - 89 620 habitants


ancienneté des armoiries : 1453



4 - ŽILINA

- anciens noms :  Sillein (allemand)  - Zsolna (hongrois)
chef-lieu de la région de Žilina (Žilinský kraj)  - 81 040 habitants


ancienneté des armoiries : 1379




5 - BANSKÁ BYSTRICA

- anciens noms :  Neusohl (allemand)  - Besztercebánya (hongrois)
chef-lieu de la région de Banská Bystrica (Banskobystrický kraj)  - 78 635 habitants


ancienneté des armoiries : XIVe siècle



6 - NITRA

- anciens noms :  Neutra (allemand)  - Nyitra (hongrois)
chef-lieu de la région de Nitra (Nitriansky kraj)  - 77 370 habitants


ancienneté des armoiries : XIIIe siècle



7 - TRNAVA

- anciens noms :  Tyrnau (allemand)  - Nagyszombat (hongrois)
chef-lieu de la région de Trnava (Trnavský kraj)  - 65 540 habitants


 armoiries d'origine sigillaire (1347)
 confirmées à partir du XVe siècle - simplifiées au XXIe siècle



8 - TRENČIN

- anciens noms :  Trentschin (allemand)  - Trencsén (hongrois)
chef-lieu de la région de Trenčin (Trenčiansky kraj)  - 55 600 habitants


 armoiries d'origine sigillaire (XIIIe siècle)
 confirmées  en 1381




9 - MARTIN

- anciens noms : Turčiansky Svätý Martin (tchécoslovaque, avant 1950) -  Turz-Sankt Martin (allemand)   Turócszentmárton (hongrois) -  Saint-Martin de Turiec (français)
ville de la région de Žilina (Žilinský kraj)  - 55 330 habitants


 armoiries d'origine sigillaire (1375) mais sans le mendiant
 adoptées sous cette forme au XIXe siècle



10 - POPRAD

- anciens noms :  Deutschendorf (allemand)  - Poprád (hongrois)
ville de la région de Prešov (Prešovský kraj)  - 51 750 habitants


 armoiries adoptées le 20 juin 2003



 • Le territoire de la Slovaquie a été une possession du Royaume de Hongrie depuis le XIe siècle jusqu'à la chute de l'Empire Austro-hongrois en 1918. Le nationalisme et l'identité slovaque se sont montrés pour la première fois en 1848, lors de la Révolution du Printemps des peuples, qui a sévi un peu partout en Europe. A la fin de la Première Guerre mondiale, le sort de l'Autriche-Hongrie est réglé par le traité de Saint-Germain-en-Laye en 1919. La Slovaquie a raté une première occasion d'indépendance à ce moment précis. En effet c'est à la place la création d'un nouveau pays: la Tchécoslovaquie, assemblage de trois grandes entités : la Bohême, la Moravie et la Slovaquie avec un petit morceau de Silésie. Éclaté une première fois par l'Allemagne nazie avec la création en 1939 d'un état slovaque fantoche car en fait c'est un satellite du IIIe Reich,  la Tchécoslovaquie est à nouveau reconstituée en 1945 et passe sous régime communiste jusqu'à la Révolution de velours en 1989. Enfin la République Tchèque et la Slovaquie se séparent par consentement mutuel le 31 décembre 1992.
les premières armes de Kassa (Košice)
 enluminure datant de 1423
les armoiries modifiées en 1502
et toujours en vigueur
 • L'héritage de la longue présence hongroise est visible dans plusieurs blasons de ce Top 10. Chronologiquement, la croix à double barre, d'origine byzantine, était le premier emblème choisi par les souverains hongrois (Bela III de Hongrie), visible dans les blasons des villes n°4 et n°6 et aussi bien sûr, dans les armoiries nationales. Les fasces rouges (gueules) et blanches (argent) sont le symbole de la dynastie hongroise des Árpád , voir les villes n° 2 ,3 et 5. Cette dynastie s'éteindra à la fin du XIIIe siècle et fera place à celle des Capétiens : les Anjou-Sicile, dont l'azur semé de fleurs de lis d'or est visible dans le blason de la ville n°2. Au passage, dans ce même blason: la bande componnée d'or et gueules, est un hommage rendu à Anne de Foix (rappel des couleurs de la maison de Foix : d'or à trois pals de gueules), reine consort de Hongrie de 1502 à 1506 , octroyé à la ville par son époux le roi Vladislas IV de Bohême en 1502 modifiant ainsi le blason de Kosice (nommée Kassa à l'époque). Ce même roi, lui-même issu de la dynastie polono-lituanienne des Jagellon fit rajouter au même moment la demi-aigle du royaume de Pologne.

• La religion et plus particulièrement l'Église catholique romaine
est très influente en Slovaquie et encore de nos jours (62% de la population s'y est déclarée). Pas étonnant de voir donc des références religieuses dans les armoiries, que ce soit sur l'écu et aussi dans les rares supports ou ornements extérieurs comme pour Košice à droite.
  En premier lieu il faut relever la croix patriarcale à deux bras, déjà présentée plus haut qui a largement supplanté la simple croix latine dans les pays d'Europe de l'est, et encore davantage dans les pays à majorité de chrétiens orthodoxes, mais avec le rajout d'une troisième petite barre oblique ! 

évolution du blason de Trnava (à partir du sceau médiéval représentant la tête du Christ)
 •  Le blason de la ville n°7 dont le dessin a été récemment réduit (mais pourquoi ont-ils fait cela ?) à une simple roue de chariot, cache bien son histoire. En effet à l'origine cette roue était en fait le support de la tête d'un Christ pantocrator auréolé, accompagnée de symboles divers, comme le montre ce superbe bas-relief sculpté sur la façade de l'hôtel de ville, dans la photo ci-contre.

• Le blason de la ville n°8 se rapporte à l'ordre des Chevaliers de Saint-Jean. L'agneau porte-étendard étant le symbole de saint Jean-Baptiste, comme chacun sait.

 • Les armes de la ville n°9
sont des armes parlantes représentant saint Martin de Tours, ancien soldat romain converti au christianisme et originaire de Pannonie, territoire antique situé actuellement à cheval sur la Hongrie, la Croatie, la Serbie, etc...

la charte et les armoiries la ville de Bratislava (connue sous le nom de Pressburg ou de Poszony à cette époque) accordées
 par l'Empereur Sigismond également roi de Hongrie (son nom figure en grandes lettres gothiques au début de l'acte) en 1436
-  avec la première représentation des armoiries circulaires, à la manière d'un sceau, dont elles découlent.

L'ensemble des armoiries et la plupart des infos de ce Top 10 proviennent du site officiel du Ministère de l'Intérieur de la République slovaque, archives du registre héraldique (Heraldický register Slovenskej republiky) → ICI



Si vous désirez en savoir plus sur le pays : la Slovaquie et ses emblèmes, c'est → ICI

A bientôt, pour un nouveau pays ...


Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI





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  Kosice Presov Zilina Banska Bystrica Trencin





lundi 25 septembre 2017

Les blasons des provinces françaises -
la série 1294 des cartes postales des éditions Barré et Dayez - 2de partie

  E  n mars dernier, j'avais laissé en suspens, mais provisoirement, ce sujet sur ces belles cartes postales d' "après-guerre"qui sont bien connues des passionnés d'héraldique et des cartophiles. Je vous invite à  relire le préambule de mon  précédent sujet → ICI qui vous donnera quelques informations sur la maison d'édition Barré et Dayez et sur l'historique de ces productions qui ont une certaine réputation chez les collectionneurs, dont je fais partie.

 📖 Je vous propose donc de découvrir ensemble les douze provinces suivantes de cette série n°1294 dans l'ordre croissant des lettres qui les identifient de M à Z (sauf les lettres N et Q qui n'ont pas été utilisées). Je rappelle que cette série 1294 ne s'attache qu'aux anciennes provinces du nord, de l'ouest et du centre-ouest de la France, limitée par une ligne virtuelle en diagonale allant de Saintes à Strasbourg en passant par Limoges, Nevers et Troyes. Comme la dernière fois, je vous livre quelques unes (il y en a certainement d'autres, plus rares) des variétés notables dans les illustrations de chaque province, qui ont évolué au cours des années durant lesquelles elles sont sorties de l'imprimerie de la maison Barre & Dayez (entre 1945 et 1955 semble-t-il).

1294 M - Marche avec petite couronne comtale

1294 M - Marche avec grande couronne comtale


version "petite couronne" : année 1945 et suivantes - détail
version "grande couronne" : années 1950 à 1955- détail
✋Arrêtons nous à nouveau cette fois encore pour observer deux éléments, provenant du décor des illustrations, qui comportent des différences notables. Ces divergences permettent d'évaluer globalement la date des cartes avant de les retourner pour lire dans le marquage de l'éditeur, éventuellement, l'année précise de leur sortie d'imprimerie.
- Le premier détail réside dans la taille des couronnes qui "timbrent", c'est à dire qui sont posées sur l'écu des armoiries; le rapport est à peu de 2 pour 3 entre "petites" et "grandes" couronnes.
- Le deuxième repère se situe dans l'encadrement de l'écu, qui est formé soit d'un genre de parchemin avec des rubans qui débordent, soit d'un cadre agrémenté d'un décor végétal en forme de feuilles d'acanthe (cf ci-dessous).

version avec "rubans"
version avec "feuilles d'acanthes"

couronne des anciens comtés

couronne des anciens duchés
- enfin certaines rares provinces (comme l'Aunis, dans ce volet), dépendant directement du domaine royal n'ont cependant jamais été érigées ni en duché, ni en comté ou marquisat. Pour cette raison leurs armoiries ne sont timbrées d'aucune couronne.


1294 O - Limousin avec petite couronne comtale et écu encadré de rubans

1294 O - Limousin avec grande couronne comtale
 et écu encadré de feuilles d'acanthe

1294 P - Saintonge, écu timbré d'une petite couronne et encadré de rubans

1294 P - Saintonge, écu timbré d'une grande couronne 
et encadré de feuilles d'acanthe

1294 R - Angoumois, armoiries : variante de la fin du XVIIe siècle,
 écu timbré d'une petite couronne et encadré de rubans
armoiries de l'Angoumois telles que Charles d'Hozier les a créées et enregistrées
 dans l'Armorial Général de France (établi suite à l'édit royal de 1696) -
 Volume XVI - Généralité de Limoges - page 276
1294 R - Angoumois, armoiries : variante de la fin du XVIIe siècle, 
écu timbré d'une grande couronne et encadré de feuilles d'acanthe

1294 R - Angoumois, armoiries : version "historique" avec couronne comtale
 (première maison de Taillefer)

1294 S - Aunis , écu encadré de rubans et sommé de feuilles d'acanthes 

1294 S - Aunis , écu encadré de feuilles d'acanthes et sommé de rubans

1294 T - Orléanais, écu timbré d'une petite couronne ducale

1294 T - Orléanais, timbré d'une grande couronne ducale

1294 U - Maine, armoiries : variante de la fin du XVIIe siècle,
écu timbré d'une petite couronne et encadré de feuilles d'acanthe

1294 U - Maine, armoiries : variante de la fin du XVIIe siècle,
écu timbré d'une grande couronne et encadré de feuilles d'acanthe

armoiries du Maine telles que Charles d'Hozier les a créées et enregistrées
 dans l'Armorial Général de France (établi suite à l'édit royal de 1696) -
 Volume XXXIV- Généralité de Tours tome 2 - page 854

1294 U - Maine, armoiries : version très commune avec lion d'argent au
canton et brochant sur le semé de fleur de lys, mais qui n'est pas 
conforme au blason historique du comté du Maine (voir → ICI)

1294 U (Maine) - verso de la carte postale indiquant une date d'édition en 1946 dans
 l'emplacement réservé à l'affranchissement postal

1294 U - Maine, armoiries : version "historique" rectifiée avec le lion dans la 
bordure de gueules, conforme au vrai blason historique du comté du Maine.
 La carte a ici servi de support à la célébration du premier jour du timbre 
de la Poste consacré au blason de la province du Maine, émis en 1955.

1294 V - Anjou, écu timbré d'une petite couronne ducale

1294 V - Anjou, timbré d'une grande couronne ducale

1294 W - Touraine, armoiries : variante de la fin du XVIIe siècle,
écu timbré d'une petite couronne et encadré de feuilles d'acanthe

la bordure est aux armes d'Anjou et de Jérusalem (voir → ICI)


1294 W - Touraine, armoiries : variante de la fin du XVIIe siècle,
écu timbré d'une grande couronne et encadré de feuilles d'acanthe

armoiries de la Touraine telles que Charles d'Hozier les a créées et enregistrées
 dans l'Armorial Général de France (établi suite à l'édit royal de 1696) -
 Volume XXXIII- Généralité de Tours tome 1 - page 340
si le château correspond, il n'en est pas de même de la bordure.

1294 W - Touraine, armoiries : version avec bordure componnée et engrêlée,
 écu encadré de rubans

armoiries de la Touraine telles que Pierre de la Planche les a représentées
 dans "La Description des provinces et des villes de France"(1669) - feuillet 436
qui donne une indication sur l'origine de la bordure componnée (et engrêlée) d'or et gueules
au lieu de : argent et gueules comme on les connait pour le blason de la Touraine. 

1294 W - Touraine, armoiries : version "historique",
 écu encadré de feuilles d'acanthe

1294 X - Berry, timbré d'une grande couronne ducale

1294 Y - Nivernais, armoiries : variante de la fin du XVIIe siècle,
écu timbré d'une petite couronne ducale
armoiries du Nivernais telles que Pierre de la Planche les a représentées
 dans "La Description des provinces et des villes de France"(1669) - feuillet 527
qui donne une indication sur l' origine du dessin pris en compte par l'éditeur.
1294 Y - Nivernais, armoiries : version "historique"

1294 Z - Bourbonnais, écu timbré d'une petite couronne ducale

1294 Z - Bourbonnais, écu timbré d'une grande couronne ducale


 Nous n'en avons pas terminé pour autant avec cette carte portant la lettre Z ! En effet vous avez sûrement remarqué qu'aucune ancienne province du sud et du centre de la France n'a été encore illustrée. Et donc, je vous donne rendez-vous très bientôt, pour continuer l'inventaire des provinces de France avec cette fois une nouvelle série numérotée 1295... et avec d'autres surprises, soyez-en sûrs.




             Herald Dick