lundi 29 février 2016

Les blasons de la mythologie et de l'histoire antique #06 : Eurypyle, Diomède et Protésilas

 Suite de la série consacrée aux personnages de la mythologie : grecque, romaine, moyen-orientale, asiatique, etc... ainsi qu'aux acteurs ou héros de l'Histoire antique et du haut Moyen-Âge (période antérieure à l'an 1000) auxquels ont été attribué des armoiries dans les manuscrits ou armoriaux médiévaux et renaissance. Revoir l'épisode précédent  →

Le Blason des Armoiries par Hiérosme / Jérôme de Bara - page 147 (extrait) -
 édition : Barthelemi Vincent, 1581 - Google Books (https ://books.google.fr/)

EURYPYLE de Mysie, neveu du Roi PRIAM :

- blason selon Jérôme de Bara : "D'or à un lion - poisson de gueules et de sinople - Par autres dit : d'or à un lion à demi de gueules le reste étant poisson de sinople ".


♦ Pour les puristes du blasonnement, on préférera aujourd'hui dire :  " D'or au lion mariné coupé de gueules et de sinople au niveau de la poitrine".
♦ Bara ne donne toujours pas d'explication sur l'origine et la symbolique des figures qu'il nous donne à voir. On peut imaginer que le lion mariné identifie le souverain d'une nation à fort caractère maritime, ce qui est le cas de la majeure partie des nations antiques grecques.

Eurypylos ou Eurypyle est un nom d'origine grecque (Εὐρύπυλος / Eurúpulos) et correspond à plusieurs personnages mythologiques.

 Il est possible que celui-ci soit Eurypyle, héros thessalien, fils d'Évémon et donc arrière-arrière-petit-fils d'Éole.  Il apparaît dans le Catalogue des vaisseaux, un passage célèbre du chant II de l’Iliade d'Homère, où il mène 40 nefs de Thessaliens à Troie (des cités d'Orménion et Astérion). Dans l’Iliade, il s'illustre au combat en tuant successivement Hypsénor, Mélanthios et Apisaon. Il est lui-même blessé par Pâris mais secouru par Patrocle.
Dans la Petite Iliade, il tue également Axion, fils de Priam. Il apparait aussi dans l’Énéide, au cours du récit fictif de Sinon.


Le Blason des Armoiries par Hiérosme / Jérôme de Bara - page 117 (fragment)  -  édition : Rolet Boutonné, 1628 - Google Books (books.google.fr/)

 • DIOMÈDE,  Roi d'Étolie :
- blason selon Jérôme de Bara : "D'argent, à un paon d'azur, enrichi et œillé d'or, et trois molettes d'éperon de gueules".

Sthenelos faisant un bandage au doigt de Diomède - dessin à l'encre de Chine
d'après le décor d'une amphore chalcidienne vers 550 av. J.-C.


Dans la mythologie grecque, Diomède (en grec ancien Διομήδης / Diomếdes), fils de Tydée et de Déipyle, est roi d'Argos. Il est l'un des héros grecs de la guerre de Troie.  Il tua plusieurs combattants troyens éminents, et, avec l'assistance de la déesse Athéna, il blessa Aphrodite, déesse de l'Amour, et Arès, dieu de la Guerre, qui avaient tous les deux pris le parti des Troyens. Quand il revint de la guerre et découvrit que sa femme, Ægialé, avait été infidèle, Diomède se rendit en Italie méridionale où il se remaria avec Énippe, fille de Daunus, roi d'Apulie.

Badge héraldique du croiseur  HMS Diomede
de la Royal Navy (Royaume-Uni), service 1919/1945
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• Dans la mythologie grecque, il existe un autre Diomède, qui possède des juments  ou "cavales" carnivores que le roi Diomède nourrit avec la chair de ses hôtes. Héraclès reçoit l'ordre de les dérober pour son huitième travail, et de les ramener à Argos. Hercule assomme le roi Diomède. Il donne alors son corps moribond à dévorer à ses propres cavales. Selon une version de la légende, il amena avec lui plusieurs jeunes gens pour l'aider, dont Abdère, son compagnon. Abdère fut tué par l'une des juments. Héraclès l'enterra et fonda autour du tombeau la ville d'Abdère. Les animaux furent alors apprivoisés, et Héraclès les fit venir à Argos, au roi Eurysthée qui était très en colère. Selon la tradition, Bucéphale, cheval d'Alexandre le Grand, descendait de l'une des juments de Diomède.
Le Blason des Armoiries par Hiérosme / Jérôme de Bara (extrait) -  édition : Barthelemi Vincent, 1581 -
Google Books (https ://books.google.fr/)

• PROTÉSILAS, Roi de Phylace :

- blason selon Jérôme de Bara : "De sinople à un visage d'argent, sa perruque d'or, à l'orle de huit fleurs de lis au pied coupé ou nourri d'argent".

 Dans la mythologie grecque, Protésilas (en grec ancien Πρωτεσίλαος / Protesílaos), fils d'Iphiclos et de Diomedia,  roi de Phylace en Thessalie, venait d'épouser Laodamie, fille d'Acaste, successeur de Pélias, de la famille de Jason, quand éclata la guerre de Troie. Il quitta sa jeune épouse dès le lendemain de ses noces, pour prendre part à cette expédition. Un oracle avait annoncé que le premier Grec à fouler le sol troyen serait le premier à mourir. Connaissant cette prédiction, et personne n'osant descendre à terre, Protésilas sauta bravement sur la côte et fut tué par Hector.

 Sa femme, Laodomie, fut si inconsolable que les dieux permirent à Protésilas de lui rendre visite pendant trois heures. Pour tromper sa douleur, elle fit faire une statue qui lui rappelait son époux. Un jour, Acaste, son père, voulant lui ôter ce triste spectacle, jeta la statue au feu. Laodamie, s'étant approchée des flammes, s'y jeta également et périt.

Le Blason des Armoiries par Hiérosme / Jérôme de Bara - page 118 (fragment)
  édition : Rolet Boutonné, 1628 - Google Books (books.google.fr/)




sources textuelles : encycl. Encarta Microsoft Corporation et fr.wikipedia.org


Personnages suivants : → ICI



            heraldos  dicos







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jeudi 25 février 2016

Top 10 des plus grandes villes de Nouvelle-Calédonie avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

 Nous allons découvrir cette fois non pas un pays indépendant, même s'il aspire à le devenir dans les prochaines années, mais un territoire d'outre-mer français; il est situé dans l'Océan Pacifique sud, il s'agit de:  la Nouvelle-Calédonie.



Voici donc les 10 plus grandes villes, ou plus exactement les 10 communes les plus peuplées de l'archipel. (chiffres INSEE : 2014).





1 - NOUMÉA

chef-lieu de la Communauté d'Outre-Mer de Nouvelle-Calédonie et de la Province du Sud - 99 926 habitants

 symboles élaborés en 1982,  armoiries actuelles fixées en 1991



2 - DUMBÉA

ville de la Province du Sud, dans l'agglomération du Grand Nouméa  - 31 812 habitants








3 - LE MONT-DORE

ville de la Province du Sud, dans l'agglomération du Grand Nouméa  - 27 155 habitants





4 - PAÏTA / Pweyta

ville de la Province du Sud, dans l'agglomération du Grand Nouméa  - 20 620 habitants






5 - LIFOU / Drehu

île et commune de la Province des Îles Loyauté, dont le siège du chef-lieu est à Wé (Lifou)  - 9 275 habitants







6 - KONÉ / Koohnê

commune et chef-lieu de la Province du Nord  -  7 340 habitants







7 - MARÉ / Nengone

île et commune de la Province des Îles Loyauté  -  5 648 habitants








8 - BOURAIL / Bu Rhaï

commune de la Province du Sud  - 5 444 habitants







9 - POINDIMIÉ / Pwêêdi Wiimîâ

commune de la Province du Nord - 4 868 habitants






10 - KOUMAC

commune de la Province du Nord - 4 252 habitants







• L'héraldique municipale en Nouvelle-Calédonie n'a guère plus de trente ans d'existence et la famille ne peut que s'agrandir. En effet nous avons ici la presque totalité des armoiries connues dans ce petit territoire insulaire, qui comporte 33 communes. Mais la concurrence du logo est très forte, ici aussi !

• L'histoire du territoire souvent tumultueuse et parfois tragique est résumée sommairement avec les armoiries de la ville n° 6 : le peuple autochtone face aux colonisateurs européens arrivés par les mers (symbole de l'ancre marine) avec un homme kanak vêtu traditionnellement et un marin français dans sa tenue de marin

• La tradition des autochtones est représentée par les flèches faîtières (communes n° 5-7-9-10), ainsi que les piliers d'encadrement des portes (commune n°8) des cases kanaks (voir → ICI). Autre objet rituel de l'art kanak utilisé comme figure: la hache-ostensoir (commune n°3).

• La faune marine (villes n° 1, 3, 4 et 9) et terrestre avec l'oiseau symbole du pays, mais en danger de disparition, le cagou (Rhynochetos jubatus) cimier des armoiries n°1, n'a pas été oubliée, y compris les gênants cerfs Rusa (Cervus timorensis) espèce introduite dans l'île et supports des armes de la ville n°10. Le gros coquillage de type conque (n°4 et 9) est appelé "toutoute" en Nouvelle-Calédonie et est très populaire.
La nature est aussi représentée par les cocotiers et un Araucaria arbre endémique, pour la ville n° 9.

• Les activités humaines sont assez bien résumées en commençant par les extractions minières : le minerai de nickel surtout qui est la production principale du territoire qui est le 6e producteur mondial.  Nous voyons à ce propos un wagonnet de mine pour la ville n°3 et une lampe de mineur pour la ville n° 10.
  L'agriculture et l'élevage sont également présents dans les armes des villes n° 2 et 8 (maïs et céréales), 4 et 8 (bétail). Les transports ferroviaires (une ancienne ligne de chemin de fer) et aériens sont rappelés dans le blason n° 4. Enfin, le club et la balle de golf, joints au soleil rasant la mer sont affichés comme une publicité déguisée pour agences de voyage,  dans le blason de la ville n°2 !




Si vous désirez en savoir plus la Nouvelle-Calédonie et ses emblèmes, c'est → ICI


A bientôt, pour un nouveau pays ... → ICI
Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI




          Herald Dick









Nouvelle Caledonie Noumea Dumbea Mont Dore Paita Kone Mare Poindimie

dimanche 21 février 2016

Capitales du monde : Berlin *Dritte*, la marche de l'ours dans l'histoire

 n ouveau volet (*Dritte*= troisième en allemand), consacré au symbole mondialement connu de la ville de Berlin (voir le précédent volet → ICI).


planche d'écussons adhésifs "vintage" pour automobilistes et possesseurs de caravanes, en vente sur ebay
carte postale avec les armes de Berlin , en version
 "ours au naturel", début des années '1950
  Je reviens une nouvelle fois sur le mythique berliner Bär (ours berlinois en français) et sa déclinaison à l'infini sur toute sorte de supports et dans tous les domaines d'activité des hommes. Le phénomène est totalement exemplaire, en effet. Je ne pense pas qu'il y ait tellement de cas de figure héraldique associée à une ville capitale aussi populaire à travers le monde.  Paris, Rome, Londres, Moscou, Washington, etc.. sont reconnues dans le monde entier par d'autres symboles plus concrets, des monuments célèbres notamment: la Tour Eiffel, le Colisée, Tower Bridge, le Kremlin, le Capitole, mais pas nécessairement pour leurs armes, peu ou pas connues, du moins par les non spécialistes. Pour Berlin c'est différent, c'est donc une image fixe d'un animal stylisé, assez figée dans le temps, qui concentre le capital sympathie de toute une population autour d'elle. Le défi est donc pour les divers artistes, designers ou graphistes de faire de cette image figée, normalisée, réglementée, des concepts innovants qui attirent l'attention et surprennent par leur esthétique, leur originalité.
Ce sera le thème de ce sujet.

chromo publicitaire française, série éducative sur l'histoire, avec les armes prussiennes de Berlin en bas à gauche -
 fin XIXe - début XXe siècle.

Berliner Bär vintage

gravure Art Nouveau - 1893
carte postale touristique de 1896 avec ours buveur de bière et vue sur l'exposition commerciale et artisanale
"Trade wat Schönes" : Le commerce c'est magnifique ! 
armes de Berlin dans le  dictionnaire
 "Nouveau Larousse illustré" - France - 1900
armes de Berlin dans le livre "The book of publics arms"
 d'Arthur-Charles Fox-Davies - Royaume-Uni - 1915.
cartes postales touristiques années 1900/1910 - le personnage de gauche porte sur la poitrine le blason des Hohenzollern
la dynastie des empereurs allemands jusqu'en 1918 et agite un drapeau aux armes de la Prusse.
carte publicitaire anglaise pour une marque
de cigarettes - 1912
vignette publicitaire allemande  "Siegerin Margarine"
avec de très curieuses couleurs - début XXe siècle

armes de Berlin, capitale de l'Empire allemand et du Royaume de Prusse, extraites de l'album à vignettes " Kaffee Hag ",
dessinées par le Pr. Otto Hupp - Allemagne - 1913/1918
bandeau du quotidien "Berliner Tageblatt" qui a informé les berlinois depuis le 1er janvier 1872 jusqu'en 1933 quand il a été interdit, puis récupéré par le futur gouvernement d'Adolf  Hitler, pour la protection du peuple et de l'état allemand .
billet de nécessité - 50 pfennigs - Allemagne -1921
vignette de collection des albums Abadie - Autriche - 1928/1933
vignette publicitaire "semaine sportive" - 1927
vignette publicitaire "foire commerciale" dans le
 quartier de Köpenick - 1945
l'histoire allemande est aussi composée de moments sombres, voici "Der Panzerbär": une gazette éditée pour le remonter
 le moral des soldats allemands lors des derniers jours de la bataille de Berlin, juste avant la capitulation du régime nazi,
le 8 mai. Seulement quelques numéros ont été publiés du 23 au 29 avril 1945.
le symbole, détourné du berliner Bär porte une pelle et un
 lance-roquettes anti-chars croisés sur chaque épaule.
Ce symbole est très prisé par les nostalgiques du nazisme,
car plus subtil pour afficher ses opinions sans choquer.
carte postale du 700e anniversaire de la ville de Berlin - 1937
hommage à la pêche traditionnelle dans le quartier de Stralau
médaille "Stralauer Fischzug" - 1939 - Stadtmuseum Berlin
logo pour le jour de la Fête du Travail -
Allemagne de l'Est - 1950
bandeau du quotidien d'après-guerre est-allemand "Berliner Zeitung" qui a commencé sa carrière en 1945 et qui est toujours diffusé aujourd'hui, après avoir été racheté par le groupe Gruner + Jahr après la réunification de Berlin et de l'Allemagne, en 1990.

affiche d'exposition "Berlin, 2 ans de gouvernement démocratique"
Allemagne de l'est - 1951
image de boite d'allumettes - Allemagne de l'Est
image de boite d'allumettes - Allemagne de l'Ouest
 années '1960
pin's pour "les Rencontres de la jeunesse" -1964 - Allemagne de l'Est
l'ours tient la Porte de Brandebourg réduite, entre ses pattes
pin's "Berlin, capitale de la
 République Démocratique d'Allemagne "
pin's "Reconstruction nationale" programme politique lancé par la R.D.A
 en 1951 pour reconstruire la capitale allemande du côté est
pin's de  Berlin ouest  - années '1960

écussons à coudre en tissu pour touristes à Berlin Est ou  à Berlin Ouest , années 1960/1980
écusson plastifié, cadeau publicitaire de la
marque Danone - France - années '1970
superbe carte postale héraldique avec les blasons de tous les quartiers (bezirks) de Berlin Ouest ,
années 1960/1970
Logo officiel de la commémoration des 750 ans de Berlin en 1987
 documentation :  Bundesarchiv - Allgemeiner Deutscher Nachrichtendienst - Zentralbild


Festivals de Berlin

Deux grandes manifestations artistiques de dimension internationale contribuent à diffuser largement l'image de notre "berliner Bär" à travers les médias du monde entier :


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Le plus ancien est le festival international du film de Berlin, aussi appelé "Berlinale";  "Internationale Filmfestspiele Berlin" en allemand, créé en 1951 et qui se déroule habituellement en février de chaque année, au théâtre de la Postdamer Platz, à Berlin.


affiche du 1er festival du film de 1951
le trophée remis par le jury aux gagnants de la compétition
c'est à l'origine une œuvre de la sculptrice  Renée Sintenis
 (1888-1965)
bandeau annonce du 66e festival du film de Berlin en 2016
les trophées : ours d'or et ours d'argent

Le second évènement annuel est le "Berlin Festival", festival de rock , plus récent,  qui se déroule chaque année en principe en septembre, sur l'esplanade de l'ancien aéroport de Tempelhof, désaffecté, puis fermé en 2008.
carte postale vers 1955 : aéroport international de Berlin Tempelhof
Berlin Festival : dernière édition en 2015

Malheureusement depuis 2014, les posters officiels du Festival ne montrent plus d'ours, et c'est bien dommage !


Non, ce n'est toujours pas fini ! nous verrons encore d'autres déclinaisons de notre Berliner Bär, dans les services publics, chez les militaires et aussi dans le sport  ... 


chapitre précédent  →   ICI
chapitre suivant     →    Berlin, vierte




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