samedi 28 juillet 2012

Un trésor oublié : l'Armorial de La Planche - 1669 - Normandie - Bailliage d' Alençon

 S   uite de la visite du plus ancien manuscrit répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur à l'Armorial Général de France de Charles-René d'Hozier de trois décennies !  Voir la description initiale : →

  Nous poursuivons avec la Normandie et le septième et dernier bailliage , celui du Duché d'Alençon. 
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Ces fragments proviennent toujours du Volume I . À titre comparatif, j'ai placé en-dessous le blason actuel pour apprécier la constance ou au contraire les différences notoires des figures entre les trois siècles et demi qui les séparent.
 Pour enrichir l'étude, j'ai rajouté en bonus, l'extrait équivalent quand il existe, dans l'Armorial Général de France*  (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier.

(*) Armorial Général de France - volume XIX - Normandie - Généralité d'Alençon   

Alençon (Orne)

Il y a eu beaucoup d'études* -et de polémiques-  autour du blason de la ville d'Alençon, si différent du blason aux fleurs de lis du Duché d'Alençon. Comment et quand est arrivée l'aigle, est elle apparue en hommage à  la reine Mathilde (1101-1169) exilée d'Angleterre dans la région, et épouse de l'Empereur germanique, qui avait distribué quelques avantages dans le pays en remerciement ? Beaucoup d' hypothèses, mais pas de certitude. Toujours est-il que cette aigle est présente dans tous les documents depuis le XVIIIe siècle,  à quelques détails près : d'or ou d'argent, sur un champ de sinople au lieu d'azur, avec un vol abaissé ou éployé, une tête ou deux têtes, et quelquefois associée aux fleurs de lis du Duché (parti ou écartelé , ou deux écus géminés) ...
(*) voir l'Armorial de Normandie de Alfred Canel (1849)




Sées (Orne)

Ce petit bourg de 4 500 habitants, a la particularité d'être siège d'un évêché et est pourvu d'une grande cathédrale gothique dédiée à Notre-Dame. Mais au XIIIe siècle, les saints patrons de l'évêché étaient Gervais et Protais, qui figuraient sur le sceau du chapitre. Le Père de La Planche les a ainsi reliés à la cité mais c'est une extrapolation personnelle. Dans l'Armorial Général de France on y trouve un écu "d'azur à trois lis de jardins d'argent tigés d'or". Le blason à la foi et au cœur enflammé, quant à lui,  comme beaucoup d'autres villes, s'est imposé par l'usage dans le temps, sans qu'on sache trop son origine. Trois blasons différents pour cette petite ville , c'est



Argentan (Orne)
De manière assez semblable à Alençon, l'aigle d'Argentan est souvent associée au souvenir de la Reine Mathilde, surnommée l'Emperesse, héritière du royaume et chassée d'Angleterre par le roi usurpateur Étienne (Stephen) de Blois qui a intrigué et lui a fait la guerre pour s'emparer du trône. On notera que l'aigle est passé du statut monocéphale au XVIIe siècle à celui de bicéphale notamment sous la Restauration en 1817 et ce jusqu'à aujourd'hui.



Verneuil-sur-Avre
(Eure)

Les armoiries de Verneuil ont été rétablies en 1816 par lettres patentes du roi, en réunissant deux anciens sceaux municipaux utilisés indifféremment, celui au lion surmonté d'un chef aux trois fleur de lis (comme celui de 1669, mais avec un champ d'or), et un sceau avec une simple fleur de lis. L'Armorial Général de France a semble-t-il enregistré un blason attribué "d'office".





L' Aigle (Orne)

Encore une origine sigillaire (XIIIe s.) et cette fois ce sont des armes parlantes. Le blason "moderne" au chef fleurdelisé est celui enregistré dans l'Armorial Général de France d'Hozier. A noter que la graphie "L'Aigle" est très récente (1961), on écrivait avant : Laigle en un seul mot, comme sur les deux manuscrits.



D'autres lieux ou villes sont décrits dans le texte, mais sans blason : Exmes, Essay, Lonlay-l'Abbaye
ou avec un contour de blason, mais resté vierge, et sans blasonnement : Domfront.

  # cependant, quelques années plus tard, certains lieux (en gras, ci-dessus) ont été enregistrés et blasonnés dans l'Armorial Général de France  :

Nous en avons terminé avec la série consacrée à la Généralité de Normandie, telle qu'elle était constituée à l'époque de l'auteur. Mais les observateurs et les habitants des cantons de Mortagne ou de Bellême auront remarqué qu'un petit pays n'a pas été recensé : le Perche,  partiellement situé dans le département de l'Orne.
 Ce n'est pas un oubli : vous comprendrez bientôt dans le prochain épisode →

A bientôt...

Crédits :
parmi les blasons "modernes" certains sont empruntés à et parfois modifiés à :
http://armorialdefrance.fr/
http://labanquedublason2.com/ (dessins : Jean-Paul Fernon)

 Et je remercie particulièrement les personnes responsables de la Bibliothèque et des Archives du Musée du Château de Chantilly :  http://www.bibliotheque-conde.fr/


                Herald Dick
 


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